Clown – Mosquito

 

CLOWN LE HIR BD

Blog O comme Colomb 5 juillet 2012

Oliv’ mon binôme dans le swap BD et chocolat de Loula avait eu la gentillesse de m’offrir en sus une dédicace de Le Hir, l’auteur de cet album que je découvre.
Un clown itinérant un peu bourru recueille un nourrisson abandonné qu’il élève comme un père : leur vie connaît une embellie en dépit des difficultés. Devenue jeune fille, Zoé découvre les premiers émois mais aussi la méchanceté et la vilenie. Le destin tragique auquel elle a échappé petite la rattrape.
Un album poignant dans un style épuré, beaucoup de poésie, une économie de moyens verbaux mais pas visuels, une mise en couleurs magnifique.

blog BD de la FNAC 5 juin 2012

C’est sur les conseils d’un fidèle client que je me suis tournée vers les éditions Mosquito. Et c’est donc grâce à lui que j’ai découvert cette petite perle : Le Clown.
Le personnage principal, Clown, trouve un jour un bébé qu’il adopte et nomme Zoé. Tous 2 vont vivre ensemble une vie simple faîte de petits instants heureux malgré la dureté du monde dans lequel ils vivent. Pour survivre, Clown va devoir travailler pour un cirque tenu par l’inquiétant Willy. Mais un malheur va bouleverser à jamais cela et briser leur bonheur. Le Clown ne rira plus jamais !

Dans cet album, point de dialogues, seul un texte narratrif accompagne le dessin. Cela suffit pour donner un rythme à l’histoire. D’ailleurs, ce qui fait la beauté de cette bande dessinée, c’est que le dessin s’adapte à l’état d’esprit du clown. Au début, les couleurs sont vives, les lignes claires. Mais au fil des 44 planches, les traits deviennent noirs, reflétants l’agressivité et le mal être du personnage principal.

De même, les expressions du visages sont extrêmement parlantes : tout en rondeurs dans la relations entre le Clown et Zoé, tout en grimace et menace pour les artistes du cirque. Un graphisme vraiment sympa, pour le 1er album de ce jeune dessinateur : Louis Le Hir, dans lequel l’histoire imaginée par son père se déploie.

Au final, une histoire simple mais qui vous envoûte en vous laissant un sentiment partagé : l’envie de la relire à nouveau mais au risque que cela vous hante.
Moments fort en perspective !
Maud Rive

Mortelle Culture n °84

Aimez-vous le cirque, les clowns ? Derrière les strass du spectacle vivent, meurent, aiment et souffrent des êtres emmitouflés dans leur maquillage parfois… sanglant. Clown de Le Hir : un album de bande dessinée pratiquement muet qui nous plonge de l’autre côté du rideau…
Comment un gentil clown peut-il du jour au lendemain basculer dans le meurtre ? C’est ce que nous raconte Le Hir dans cet album aigre-doux où la violence des hommes pervertit toute beauté, brisant les âmes et les destins. Un album quasiment muet – ici, ni bulles ni onomatopées, juste quelques récitatifs liminaires jalonnant le récit avec parcimonie – où l’auteur entend exprimer l’action et la nature profonde des personnages par les seules images. Conte cruel sans paroles où la vision brute des événements suffit à rendre compte de ce qui est en jeu, Clown est une œuvre qui va pourtant bien au-delà du simple factuel grâce au traité visuel de Le Hir qui – par un trait simple et des ambiances colorées sensibles – insuffle poésie et émotion à chaque image.
Le personnage principal, pragmatiquement appelé « Clown », trouve un jour un bébé abandonné dans une décharge. Il adopte la petite fille qu’il nomme Zoé, et, dès lors, ces deux-là vont vivre des temps heureux malgré la misère, profondément attachés l’un à l’autre. Clown, massif et rond (rond comme son allure bedonnante, son crâne chauve et son nez rouge) et Zoé, frêle jeune fille fragilisée par la vie, vont former une drôle de famille, liés pour toujours par la vérité de leurs sentiments. Mais Zoé grandit, et Clown doit subvenir à leurs besoins. C’est ainsi qu’il se retrouve à travailler pour un cirque tenu par l’inquiétant Willy. Un drame atroce va alors survenir, en engendrant un plus atroce encore, bouleversant définitivement l’existence de celui qui est censé faire rire.
L’album en son entier est traversé par une certaine poésie désenchantée, voire désespérée, l’auteur nous entraînant sans ambages dans un engrenage où le pire, au bout du chemin, semble inéluctable. Oscillant entre Bill Watterson et Nicolas de Crécy, descendance inconsciente du Petit Cirque de Fred, Clown nous fait découvrir avant tout l’univers contrasté d’un auteur qui revient aux fondamentaux de la narration, les images se suffisant à elles-mêmes pour donner tout son sens au récit. Le travail chromatique y joue un rôle primordial, instaurant un climat plus implacable que les mots ; nous avons bien affaire à une œuvre atmosphérique. Cette histoire d’amour et de tristesse ne verse pourtant pas dans le larmoyant, affrontant la dureté des faits avec aplomb et ne montrant que le strict nécessaire pour ne pas s’engouffrer dans la sensiblerie.
La justesse de ton dont fait preuve Le Hir dans Clown plonge le lecteur dans la véracité d’un conte au miroir brisé, puisant dans la fiction de Dickens tout autant que dans le fait divers contemporain le plus sordide. Une odyssée de petites gens où le nez du clown devient rouge sang… nous remuant quelque part, là, tout au fond.
Cecil McKinley

BD Gest – 24 mai 2012

C’est un soir d’hiver que Clown trouva Zoé… Il l’adopta…

Dans Clown, seule une voix off, économe de son verbe, vient soutenir le dessin, suffisamment rythmé et éloquent, sans qu’il soit nécessaire d’ajouter de dialogues. Le plus souvent, une phrase inachevée par planche, parfois deux, exceptionnellement trois, et il n’en faut pas plus. À chacun de se construire sa bande son, à base de pas qui crissent dans la neige, de gazouillis d’oiseaux au cours d’une partie de pêche, de poisson qui frit, pour illustrer les moments champêtres et les jours heureux.

Mais, bientôt, le son de la pluie qui tombe dru s’installe, accompagné de celui de la foule urbaine, des rires d’ivrognes, des cris et enfin du tonnerre. Le lecteur a perdu le sourire lorsque l’histoire a basculé. Dans un premier temps, porté par les sonorités qui s’échappent de cet album muet, il le referme la tête embrouillée de cris étouffés et de coups sourds. Encore immergé dans le drame dont il a été spectateur, peu de chance qu’il en ressorte plus loquace que le chauve massif au nez rouge, si son entourage succombe à l’idée saugrenue de lui adresser la parole. Preuve que la lecture du récit proposé par Le Hir fils et père, pour rapide qu’elle fût, risque de mettre du temps à se décanter dans son esprit et que la narration a touché là où ils le souhaitaient.

Néanmoins, tout n’est pas parfait (doit-on regretter la perfection et son revers, celui qui tue l’émotion ?). Sur le plan graphique, l’image du Calvin de Bill Watterson affublé de couettes et d’une chevelure de feu jouant le rôle de la petite Zoé assaille le moins regardant des amateurs. L’idée, incongrue, qu’un Léon la came maquillé par Guillaume Griffon, expert en mâchoires façon requins, campe celui de l’ignoble Willy s’invite elle aussi. Pourtant, l’ambiance – plus que le charme – opère au point de se retrouver accablé, vouté comme le cheval fourbu de la couverture. Clown a quelque chose d’envoutant et finalement d’assez unique qui laisse entre deux sentiments : l’envie de s’y plonger à nouveau pour en décortiquer les mécanismes après s’être laissé porter quarante-quatre planches durant et, au contraire, la crainte qu’une relecture finisse par nous hanter durablement. Tout ça, sur la base d’une histoire qui, finalement, brille par sa simplicité. Fort.
L. Cirade

empreintes blog des volubiles – 17 mai 2012
paru chez Mosquito. Ne pas se fier au titre : ça ne rigole pas tous les jours sous le chapiteau. Il y a beaucoup de tendresse, mais pas mal de noirceur aussi quand l’intrigue s’emballe. Une atmosphère surréaliste, un dessin maîtrisé : pour les amateurs de grande et belle bande dessinée, « Clown » n’est à manquer sous aucun prétexte !
Luc fivet

La Lettre MOSQUITO – Mai 2012 – N°49 :

Un clown solitaire recueille une petite fille. Toujours à ses côtés, dans les moments heureux comme dans les difficiles, il redécouvre la vie auprès de ce petit bout. Et si c’est parfois les vaches maigres, la petite famille trouve toujours un moyen de s’en sortir. L’homme bourru cède la place à toute l’humanité qu’il dissimulait sous son maquillage.
Et puis un jour, un jour terrible, tout bascule…
Et le clown va se montrer sous un autre visage : celui de la vengeance et de la sauvagerie. Autant vous le dire, ce n’est pas une histoire d’enfants de choeur.
Une mise en page magnifique au service d’un scénario implacable.
Michel Jans

 

scénario.com :

Moins de 5 minutes pour avaler l’album. Mais plus de 2 heures, ensuite, pour le déguster.
Alors, attaquez le de deux manières:
– La première, en le lisant d’une traite. De toute façon, vous ne pourrez faire autrement, tellement vous serez subjugués par l’histoire.
– La deuxième lecture vous permettra de savourez l’ouvrage. Vous prendrez votre temps, vous regarderez les images une à une, en analysant tous les détails. Vous ne pourrez alors qu’en apprécier la qualité.
Le trait est maitrisé, les couleurs finement choisies et tellement bien domptées que l’on est emporté dans ces planches et ces cases superbes.
Reflet de notre monde cruel, simple prétexte pour nous parler des ravages de l’alcool, peu importe, qu’on se laisse porter par l’histoire de Clown, ou qu’on se transpose à notre époque, le sujet est grave, mais habilement maitrisé.
Une superbe découverte pour un excellent moment de lecture. De la très bonne bande dessinée à ne pas manquer.
Merci aux Editions Mosquito pour ce très bel ouvrage.
AUB

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